J’ai récemment décidé de faire le ménage dans ma vie numérique : exit Google Maps, exit Waze. Pas juste pour gagner de la place, mais pour reprendre un peu de souveraineté sur mes données. Deux candidats se sont rapidement imposés : OsmAnd, le vétéran du libre, et CoMaps, le nouvel entrant qui monte vite.

Pour les départager, j’ai fait simple : un trajet d'1h30 avec l’un à l’aller, l’autre au retour. Même itinéraire — nationale, départementale, traversée de ville. Conditions identiques, verdict immédiat.

Prise en main : le jour et la nuit

CoMaps, c’est l’intuitivité pure. Interface fluide, moderne, on trouve tout de suite ce qu’on cherche. À peine installé, on est sur la route. Pour quelqu’un qui vient de Google Maps, la transition est quasi transparente.

OsmAnd, en revanche, demande de l’investissement. Les menus s’emboîtent, les options foisonnent, la logique n’est pas toujours évidente. Il faut facilement une bonne heure avant de prendre la route dans de bonnes conditions — et encore, une heure de plus pour affiner les réglages et vraiment maîtriser l’outil. Ce n’est pas une critique définitive, c’est juste la réalité d’une application qui a grandi par couches successives.

Vie privée et localisation

C’est là que les deux applis divergent le plus en termes de philosophie.

CoMaps te laisse choisir explicitement : soit tu navigues uniquement avec la puce GPS de ton téléphone — mode totalement autonome, sans réseau, sans rien à intercepter — soit tu actives l’assistance réseau (Wi-Fi, Bluetooth, triangulation via Google Play Services) pour un démarrage plus rapide. Le choix est clair, documenté, assumé.

OsmAnd permet lui aussi une navigation entièrement hors-ligne, sans dépendance à Google — contrairement à ce qu’on entend parfois. Mais sa richesse fonctionnelle le rend plus laborieux à configurer dans ce sens : désactiver proprement les Google Play Services demande de fouiller dans des réglages qui ne sont pas mis en avant. C’est faisable, mais ça ne s’impose pas naturellement.

Fonctionnalités et design

OsmAnd est un couteau suisse cartographique au sens propre : couches météo, relief, courbes de niveau, profils multiples, traces GPX, plugins… C’est impressionnant sur le papier. Mais à l’usage quotidien en voiture, toute cette richesse finit par alourdir la carte et brouiller la lecture. L’outil est puissant, l’expérience parfois encombrée.

CoMaps fait moins, mais fait simple — et souvent très bien. La carte est lisible au premier coup d’œil, le design est épuré, la navigation au quotidien est fluide. Si tu cherches une appli qui se rapproche du confort de Google Maps avec quelques bonnes idées de Waze, sans le tracking, c’est exactement ça.

Le verdict

Pour un usage quotidien — voiture, vélo urbain, piéton — CoMaps est aujourd’hui le meilleur choix. L’expérience est cohérente, la vie privée bien pensée, la prise en main immédiate.

Pour les randonneurs, vététistes, ou amateurs d’outdoor hors-piste, OsmAnd reste le roi. La courbe d’apprentissage en vaut la peine si le terrain est ton terrain de jeu.

Le vrai héros : OpenStreetMap

Derrière ces deux applications, le même moteur : OpenStreetMap, la carte libre et collaborative construite par des millions de contributeurs. Sa complétude est aujourd’hui remarquable — au point qu’on y contribue moins pour ajouter des routes manquantes que pour signaler les nouveaux travaux de voirie. Et si tu remarques une erreur, tu peux la corriger toi-même.

Choisir entre CoMaps et OsmAnd, c’est finalement choisir une philosophie d’usage : simplicité ou puissance, selon ta situation.